Ça y est, je me défais enfin de ma procrastination pour vous écrire quelques mots.
La cure s'est bien passée. J'ai vomi le premier jour mais ça n'est arrivé qu'une fois. Ce soir-là, j'étais pas très bien mais les autres jours, c'était mieux. J'ai peu mangé, comme d'habitude. Et j'ai dormi correctement. Comme d'habitude aussi, je n'ai pas eu de douleur. Et c'est déjà très important.
Cette fois-ci, mon voisin ne s'appelait pas Roger mais Hubert. Hubert ne regarde pas la télé et passe beaucoup de temps à dormir. Plutôt positif par rapport à Roger me direz-vous. Mais Hubert n'aime pas les hôpitaux ni les médicaments. Alors il essaie de feinter les médecins : "Ce médicament, je l'ai déjà eu", "Untel m'a dit que ce n'était pas la peine de prendre celui-là" ou "L'insuline, vous m'aviez dit que c'était à partir de 4g !". Mais bon, ça n'a rien eu de gênant pour moi.
J'ai aussi vu ma cancérologue le premier jour. Elle m'a dit que je ferais bien ma 6e cure. Ensuite, je devrais être opéré environ un mois après (début juillet) et suivre une radiothérapie encore un mois après. D'après ce qu'on m'a expliqué, la radiothérapie permet de diminuer les risques de récidive.
Que ma tumeur n'ait pas évolué entre la 2e et la 4e cure ou qu'il faille faire une radiothérapie ne me perturbe pas. Ce qui compte pour moi, c'est dans quel état je serai une fois le traitement terminé. Ma tumeur est proche d'un nerf et d'une artère alors l'opération peut me faire perdre une fonctionnalité du pied (celle de relever l'avant du pied). Mais ça, je le sais depuis le début et oui, j'y pense. Mais bon, c'est comme tout le reste, on verra en temps voulu.
Hier, à la maison, j'ai eu une gros baisse de tension. J'étais assis dans mon fauteuil et j'ai commencé par sentir une grosse sensation de chaleur mais je n'ai pas compris tout de suite. Ensuite, tout s'est mis a clignoter (non, je ne prends pas d'ecsta). Je continuais d'entendre et de voir ce qu'il se passait autour de moi mais j'avais l'impression de ne plus tout maîtriser, que chaque seconde passait très lentement et que ça n'allait pas s'arrêter. En quelques secondes, j'étais tout en sueur. Finalement, j'ai fini par me mettre dans une situation plus allongée, les jambes levées, et tout est rentré lentement dans l'ordre. Peut-être que tout ça n'a duré qu'une minute, mais ça m'a semblé une éternité insupportable.
Après, même se sentir complètement crevé est confortable. Au moins, on sait où on est et on a pas l'impression de vivre un mauvais rêve éveillé. Je me suis lavé, reposé, j'ai mangé et puis j'ai regardé "Sous le soleil" 
Et aujourd'hui, ce n'est qu'un mauvais souvenir. Je suis encore fatigué mais je vais bien.