26 ans et toutes mes dents : exutoire thérapeutique

Ma vie ne se résume pas à mon cancer mais c'est de ça que j'ai besoin de parler

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Bis repetita

Cette fois-ci, je sais à quoi m'attendre. Grossièrement en tout cas. Je connais les lieux, je connais l'équipe médicale, je connais le traitement. Par contre, c'est vrai que je n'ai aucune assurance quant à ma réaction physique. On peut penser que ça se passera bien comme la première fois, mais on n'est sûr de rien. Ça peut être mieux (dans ce cas, j'en profiterai pour faire mon retard sur Monsieur Muscle) et ça peut être moins bien.

Pourtant, ça ne me tracasse pas. Je suis relativement serein mais je ne veux pas me dire "c'est sûr que je vais péter la forme" et ensuite être déçu que ça se passe moins bien. Comme l'a dit un célèbre penseur (footballeur de son état) : "Il ne faut pas brûler la peau de l'ours avant de l'avoir vendue". Rigolez pas, c'est pas si con que ça hein !

Tiens, mais... Qu'entends-je ? Qu'ouis-je ? Qu'acoustiquè-je ? Mais oui bien sûr !


(Si vous ne voyez pas le lecteur mp3 juste au dessus, vous pouvez télécharger le plugin nécessaire, ou télécharger directement le mp3).

Note : Merci à ma p'tite soeur pour sa participation !


L'automne arrive à petits pas...

Depuis hier, je commence à perdre des poils. Ils ne tombent pas tout seuls mais si je frotte un peu, il m'en reste quelques-uns dans la main. Depuis ce matin, c'est pareil avec les cheveux.

Pour l'instant, ça ne me perturbe pas plus que ça. Je savais que ça allait arriver. Et pour l'instant, quelqu'un d'extérieur ne s'en rendrait pas compte. Ça me laisse le temps de m'y préparer.

De toute façon, j'avais prévu de me raser la tête très court avant lundi prochain. Du coup, je le ferai peut-être aujourd'hui ou demain.

Hé, ho ! Faut pas tirer la tête comme ça hein ! Y a pas mort d'homme ! C'est juste que dans quelque temps, on ne pourra plus me dire que j'ai les sourcils d'Emmanuel Chain. Na !

Edit (19h02) : Soyons logique, si je commence à perdre mes cheveux, c'est que la chimio commence à attaquer mes cellules. Donc on peut penser que ça attaque aussi mes cellules cancéreuses....
À l'attaaaaaaaaaaaaque !!!


J9 et ses potes sont des petits joueurs

Je crois qu'en voyant la raclée que j'ai mise à J8 (voir article précédent), J9 et toute sa clique ont eu les boules de se pointer. Alors ils sont allés voir ailleurs.

Du coup, depuis lundi, je pète la forme. Je fais mes 50 pompes par jour et j'ai repris mon entraînement pour le marathon.

Bon plus sérieusement, plus de "tête-dans-le-cul" à l'horizon, plus de sieste, appêtit redevenu normal, et j'ai été roi tous les jours. C'est la fête ! Je me suis même autorisé à mettre le nez dehors ce matin. Mais pas trop loin hein, parce que sinon Môman, ça lui fait peur.

Mais demain, promis, je dépasse la boîte aux lettres !!!


J8 avait de l'avance

Dès le premier rendez-vous avec la cancérologue puis pendant la première cure, on m'avait parlé d'un coup de "moins bien" entre J8 et J10 (J1 étant le premier jour de cure). Hier après-midi, J8 s'est pointé plus tôt que prévu.

Mais quand je parle de "moins bien", il n'y a pas non plus de quoi s'affoler. C'est juste un "moins bien" physique : fatigue, mal de crâne, impossibilité d'avaler quoi que ce soit.

Quant au moral, il reste bon. Le "moins bien" physique, c'est juste un désagrément et je n'en suis pas encore à en avoir marre. Ça tombe bien : On est quand même plus près du début que de la fin.

Aujourd'hui, ça va mieux. Je me suis levé normalement ce matin, j'ai petit-déjeuné et déjeuné normalement et je n'ai pas eu besoin de faire une sieste ce matin.


Arithmétique crabique

Les quelques jours qui viennent de s'écouler m'ont permis d'établir la première règle de l'arithmétique crabique :

 (en forme ou fatigué) + sieste = en forme ou fatigué

Ça peut paraître bête comme ça, mais quand on ne s'en est pas rendu compte, ça joue des tours !
Du coup, j'ai dû mettre encore plus d'ardeur à combattre ma procrastination naturelle (voir définition ici pour les incultes) : ce que je peux faire maintenant doit être fait dans la demi-heure.


Je suis le roi *

Aujourd'hui, j'ai réalisé un truc que je voulais faire depuis une semaine. J'avais déjà essayé les jours précédents mais j'avais abandonné en cours de route.
Aujourd'hui, j'ai fait un truc qui m'a apaisé. Vous ne pouvez pas imaginer à quel point je me suis senti bien après.
Aujourd'hui, j'ai cru en moi et ça a marché.

Aujourd'hui, j'ai fait ma grosse commission.


(Note : à partir de maintenant, on va dire qu'une étoile à la fin d'un titre signifie : "ce titre contient un sens caché foireux")


Premier bilan

Après une journée de repos chez mes parents, je viens donner un peu plus de nouvelles...

Ce soir, je vais parler de la cure.

Je suis arrivé à l'hôpital lundi matin vers 9h30. Comme je n'avais pas fait de demande explicite, on m'a mis dans une chambre de deux. Très rapidement, une infirmière est venue mettre en place la perfusion : grâce au patch insensibilisant que j'avais mis une heure avant, je n'ai rien senti. Merci le progrès !

Ensuite, j'ai eu le droit à une prise de sang et à une perfusion d'hydratant et d'anti-vomitif.
Le produit de la cure ne m'a été injecté que l'après-midi (le temps d'analyser le sang pour voir si on commence bien le traitement). Ça ne dure qu'une heure. Par contre, l'hydratant et l'anti-vomitif, j'y ai eu le droit 24h/24.

Mardi et mercredi, cure d'une heure le matin, et toujours hydratant et anti-vomitif 24h/24.

Quant aux repas, j'ai été agréablement surpris : haricots verts frais lundi midi, et la suite a été du même niveau. Et à chaque fois, j'ai eu le choix entre différentes entrées et différents desserts.

Bon là, je sens que vous bouillez d'impatience et que vous vous dites que vous n'êtes pas venus ici pour trouver des idées de recette mais que ce qui vous intéresse c'est mon moral...

Hé ben ça va. Bon je sais, ça ressemble pas trop à un scoop mais c'est comme ça.
Au début, c'est vrai que j'ai eu un sentiment bizarre en voyant les gouttes couler une à une dans la perfusion. J'ai d'abord pensé aux effets secondaires qu'elles allaient pouvoir provoquer : vomissement, fatigue, baisse des globules blancs, perte d'appétit. Cette pensée a duré environ 30 secondes. Ensuite, ça a fait tilt : ces gouttes étaient là pour me guérir. En voyant (en entendant pour être plus précis) mon voisin vomir toutes les 4 heures, je me suis demandé si je n'allais pas avoir le droit au même traitement de faveur. Et bien non ! Je pensais que je n'allais peut-être avoir aucun appétit, et bien si ! Je m'étais préparé à être complètement amorphe, mais non ! Fatigué certes, mais j'étais capable d'aller aux toilettes tout seul (on dirait pas comme ça, mais c'est super important d'aller aux toilettes tout seul. C'est le début de la liberté :-) ).
J'ai aussi eu le droit à quelques coups de fil et quelques visites, ce qui a fait passer le temps agréablement.

Par contre, je l'avoue, mon concours d'idées (merci aux participants !) ne m'a pas servi à grand-chose... Avec la fatigue, j'avais pas envie de faire grand-chose d'autre que dormir et regarder la télé. En tout cas, merci les JO !

Bon j'arrête là pour ce soir (fatigue, quand tu nous tiens...), la suite au prochain numéro !


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