Verdict, acte 1
vendredi 20 janvier 2006, 20h12 :: Lien permanent
Le médecin qui m'a opéré la semaine dernière m'a appelé ce midi. Cinq jours plus tôt que prévu.
"Monsieur, ce n'est pas une bonne nouvelle que j'ai à vous annoncer, ce que vous avez à la jambe n'est pas un hématome mais un cancer".
Je viens de me prendre une droite en pleine figure.
Il continue...
Ce type de cancer est appelé sarcome. Il y a différents types de sarcomes mais il n'est pas spécialiste donc il ne peut pas me donner plus d'informations. Il ne sait pas non plus quelle va être la suite des événements. J'acquiesce à chacune de ses phrases.
Des spécialistes vont se réunir jeudi prochain (Note : le jeudi 26 janvier 2006) pour discuter de mon cas. Ensuite, un d'eux m'appellera pour me donner plus d'informations sur mon sarcome et sur le traitement.
Je raccroche.
Je suis comme un con assis sur ma chaise. Le téléphone dans les mains. Les larmes me montent aux yeux. Ma mère entre dans la pièce.
"C'est le médecin qui vient de m'appeler. J'ai un cancer".
Jusqu'à maintenant, tous les médecins semblaient persuadés que c'était un hématome. Moi aussi, par conséquence. Alors, ça fait mal. Forcément. Ma mère me prend dans ses bras. Elle me serre fort. Je ne dis plus rien.
Il m'a fallu 5 minutes pour réagir. La vie ne s'arrête pas. Alors on reprend les choses là où on les avait laissées. C'est l'heure de préparer à manger alors on prépare à manger. De toute façon, on ne pourra pas changer les choses. Le cancer est là, c'est un fait. Maintenant, il faut avancer.
C'est maintenant ma mère qui ne parle plus. Je voudrais savoir ce qu'il se passe dans sa tête. Je le lui demande. Elle ne sait pas. Au bout de quelques minutes, elle finit par s'exprimer. Elle m'aime à un point que je ne peux imaginer. Elle aurait préféré que ça lui arrive à elle. On continue la discussion, on se réconforte. On va se soutenir l'un l'autre. Et se dire aussi si ça va mal. Ne pas avoir le moral est humain, normal. Il faudra le dire si ça arrive. Promis.
J'ai un rendez-vous prévu chez le médecin pour s'assurer que je n'ai pas une phlébite. Je vais me préparer.
Puis, ma plus jeune soeur arrive. Il va falloir lui dire.
Note : Comme cet article parle de la réaction de ma mère, je le lui ai fait lire pour savoir si quelque chose la gênait, si elle voulait que je reformule certains passages. Elle l'a lu et m'a dit de ne rien changer.
Commentaires
1. Le vendredi 12 mai 2006 à 23h03, par mavvcp
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