26 ans et toutes mes dents : exutoire thérapeutique

Ma vie ne se résume pas à mon cancer mais c'est de ça que j'ai besoin de parler

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Quand je serai grand

Quand je serai grand, je reprendrai le travail, je retrouverai la colocation au jour le jour, je reprendrai la natation, je jouerai au foot, j'essaierai le parapente, le karting et le paint-ball et j'apprendrai à chanter pour participer à la Star Ac'.

Quand je serai grand, je partirai vivre à l'étranger, je m'engagerai en politique et je créerai mon entreprise.

Quand je serai grand, j'aurai une femme, des enfants et je rachèterai le Stade Rennais.

Mais pour l'instant, je ne suis pas encore tout à fait assez grand. C'est pour ça que j'ai droit à des piqûres de facteurs de croissance.

Edit (07/06/2006, en réponse au commentaire de Ladybird) : Quand je serai grand, je ne ferai pas d'emprunt pour ma voiture (comme ça, pas besoin d'en parler, deux problèmes réglés en un), je n'appellerai pas mon enfant Kévin (même raison que précédemment), je continuerai à manger des Skittles et des M&M's, à jouer à la console, à regarder "Olive et Tom" et à faire des blagues vaseuses pires que les blagues Carambar.


Plus qu'une !

Ça y est, je me défais enfin de ma procrastination pour vous écrire quelques mots.

La cure s'est bien passée. J'ai vomi le premier jour mais ça n'est arrivé qu'une fois. Ce soir-là, j'étais pas très bien mais les autres jours, c'était mieux. J'ai peu mangé, comme d'habitude. Et j'ai dormi correctement. Comme d'habitude aussi, je n'ai pas eu de douleur. Et c'est déjà très important.

Cette fois-ci, mon voisin ne s'appelait pas Roger mais Hubert. Hubert ne regarde pas la télé et passe beaucoup de temps à dormir. Plutôt positif par rapport à Roger me direz-vous. Mais Hubert n'aime pas les hôpitaux ni les médicaments. Alors il essaie de feinter les médecins : "Ce médicament, je l'ai déjà eu", "Untel m'a dit que ce n'était pas la peine de prendre celui-là" ou "L'insuline, vous m'aviez dit que c'était à partir de 4g !". Mais bon, ça n'a rien eu de gênant pour moi.

J'ai aussi vu ma cancérologue le premier jour. Elle m'a dit que je ferais bien ma 6e cure. Ensuite, je devrais être opéré environ un mois après (début juillet) et suivre une radiothérapie encore un mois après. D'après ce qu'on m'a expliqué, la radiothérapie permet de diminuer les risques de récidive.

Que ma tumeur n'ait pas évolué entre la 2e et la 4e cure ou qu'il faille faire une radiothérapie ne me perturbe pas. Ce qui compte pour moi, c'est dans quel état je serai une fois le traitement terminé. Ma tumeur est proche d'un nerf et d'une artère alors l'opération peut me faire perdre une fonctionnalité du pied (celle de relever l'avant du pied). Mais ça, je le sais depuis le début et oui, j'y pense. Mais bon, c'est comme tout le reste, on verra en temps voulu.

Hier, à la maison, j'ai eu une gros baisse de tension. J'étais assis dans mon fauteuil et j'ai commencé par sentir une grosse sensation de chaleur mais je n'ai pas compris tout de suite. Ensuite, tout s'est mis a clignoter (non, je ne prends pas d'ecsta). Je continuais d'entendre et de voir ce qu'il se passait autour de moi mais j'avais l'impression de ne plus tout maîtriser, que chaque seconde passait très lentement et que ça n'allait pas s'arrêter. En quelques secondes, j'étais tout en sueur. Finalement, j'ai fini par me mettre dans une situation plus allongée, les jambes levées, et tout est rentré lentement dans l'ordre. Peut-être que tout ça n'a duré qu'une minute, mais ça m'a semblé une éternité insupportable.

Après, même se sentir complètement crevé est confortable. Au moins, on sait où on est et on a pas l'impression de vivre un mauvais rêve éveillé. Je me suis lavé, reposé, j'ai mangé et puis j'ai regardé "Sous le soleil" ;-)

Et aujourd'hui, ce n'est qu'un mauvais souvenir. Je suis encore fatigué mais je vais bien.


Le club des 5

Il y a deux semaines, j'ai passé une IRM de contrôle (après la 4e cure) et comme je n'avais pas eu les résultats, j'ai appelé ma cancérologue hier matin. Elle n'avait pas vu les clichés (pour cause de vacances) mais le compte-rendu qu'elle avait devant les yeux disait que la taille de ma tumeur stagnait. Du coup, je fais quand même ma 5e cure à partir de demain mais je ne ferai peut-être pas de 6e cure et l'opération pourrait être avancée.

En plus, j'aurai peut-être une radiothérapie après l'opération. Mais je sais pas encore trop en quoi ça consiste et à quoi ça va servir exactement. De toute façon, je devrais revoir ma cancérologue jeudi et elle me donnera plus de détails sur tout ça.

A vendredi !


Pourquoi j'aime le MacDo...

Quand je suis en cure à l'hôpital, mon appétit se coupe. Même le premier midi, avant d'avoir eu ma première perfusion de chimio.
Pourtant il y a une nutritionniste à l'écoute de nos envies. Chaque jour, il y a un repas prévu mais on peut tout faire modifier : remplacer un plat par un autre, avoir du froid plutôt que du chaud, n'avoir que des desserts...
Mais il y a les odeurs typiques de l'hôpital, l'atmosphère (et le voisin ;-) ) et tout ça, ça me coupe l'appétit.

Quand je rentre chez moi, je retrouve tout de suite l'envie de manger. Mais je fais attention à ce que je mange : certains aliments passent quand même mieux que d'autres.

Alors au bout d'une semaine et demie ou deux, quand je ne suis plus trop fatigué pour sortir, j'aime aller manger au MacDo. J'en entends déjà qui crient à la déraison, qui se disent que je ferais mieux d'aller manger dans un bon resto.

Oui mais non. Le MacDo, c'est le truc simple, où on va sans s'être organisé à l'avance. Le MacDo, il y en a un dans chaque ville, tout le monde (ou presque) y va.

Le MacDo, c'est la vie normale.

Spéciale dédicace à ceux qui m'y ont emmené ces derniers mois.